Quelques réactions des internautes

 

:)Messieurs, Professeurs, Académiciens,

Vive « Dire, ne pas dire » ! C’est magnifique.

En anglais (et en américain) on ne sait plus qu’une préposition : « over », ou « sur ». La langue anglaise, la langue de Shakespeare et de Chaucer, se diminue jour par jour.

As we say in English, more power to your elbow*. Et vive la langue la plus belle du monde ! (et les alexandrins !)

Santé, Messieurs !

*comme nous disons en anglais, allez-y et bonne chance !

Geoff A., Angleterre (22 janvier)

 

***

Je voudrais vous signaler une pratique exaspérante qui se répand de plus en plus : bannir les mots courts au profit d’autres plus longs et vaguement synonymes : ainsi, on parlera de mandature et non plus de mandat, de technologie et non plus de technique, de méthodologie et non plus de méthode, etc.

G. (25 janvier)

 

***

Quelle bonne idée ! Terrifié par le désastre linguistique que les médias et certaines « élites » s’emploient à entretenir, je me demandais qui allait prendre le problème en main. Voilà qui est fait.

F. D., Olivet (31 janvier)

 

***

:( […] Les académiciens étaient d’excellents élèves de terminale en 1950, et ont été formés dans les meilleurs lycées par des professeurs agrégés nés en 1900, dont ils reproduisent avec dévotion les enseignements. Il y a un moment où il faut se rendre à l’évidence : la rigidité absurde de l’Académie sur des points indéfendables ne la rend plus audible sur les points qui méritent d’être défendus (et qui sont, évidemment, beaucoup plus nombreux). Le repli de l’Académie sur les spécialistes français, et non francophones, est à l’opposé du mode de travail de l’Académie espagnole avec les académies latino-américaines : les meilleurs spécialistes de l’usage du français sont maintenant belges !

La censure qui règne sur les courriels du site « Dire, ne pas dire » empêche de poser ces questions et de provoquer quelques sursauts salutaires ! Ne publier que des points de vue qui soutiennent l’immobilisme en matière de norme de la langue est une position réactionnaire. On devrait pouvoir, aussi, avancer l’opinion que l’hypercorrection élitiste tue le bon usage de l’honnête homme.

François D. (10 janvier)

▲ L’Académie répond ▼

La neuvième édition du Dictionnaire de l’Académie française, en accueillant des termes venus du Canada, de la Belgique, de Suisse, d’Afrique, montre une ouverture systématique au vocabulaire de la francophonie.

Que dire de la présence au sein de l’Académie française, naguère d’Henri Troyat, Julien Green, Marguerite Yourcenar, Léopold Sédar Senghor et, aujourd’hui, de Félicien Marceau, d’Hector Bianciotti, de François Cheng, d’Assia Djebar, d’Amin Maalouf, entre autres ?

 

***

Merci pour votre belle initiative.

Il y a une autre tendance « branchée » et un peu ridicule depuis quelques années […] qui consiste à utiliser un numéro pour désigner son département.

Ainsi, on découvre avec effroi que les gens travaillent dans le 9-3, ou habitent le 85.

Il me semble pourtant que l’on ne réside pas dans un numéro mais sur un territoire doté d’un nom, porteur d’histoire et de géographie.

Jérôme D., Luxembourg (7 janvier)

 

***

Merci, Mesdames et Messieurs,

J’ai 67 ans et n’ai malheureusement pas pu faire d’études ; malgré ce handicap, je reste intéressée par la connaissance, la découverte et l’amélioration de ma culture.

Je souhaiterais vous suggérer de proposer une émission de télévision grand public afin que notre jeunesse future et notre vieillesse passée n’aient plus les lacunes de langage et d’orthographe que nous leur connaissons.

Yvette B. (22 décembre)

 

***

:) Bonjour Mesdames et Messieurs les Académiciens,

Bravo pour votre bloc-notes.

J’ai remarqué dans les wagons du métro que la R.A.T.P consacrait un (tout) petit panneau à des extraits de poésies françaises : excellente idée, qui permet aux voyageurs de petits moments d’évasion et fait échapper à la sempiternelle publicité.

L’Académie française ne pourrait-elle bénéficier de ces petits panneaux pour de courtes rubriques de « Dire, Ne pas dire », pour le plus grand bénéfice des scolaires, des étrangers et de tout un chacun ?...

Marianne M. K. (22 décembre)

 

***

L’Académie ne pourrait-elle pas commencer par balayer devant sa porte ? Le Dictionnaire ne comprend pas les mots « addiction, anabolisant, annualiser, anxiogène, anxiolytique, brumisateur, cofinancement, connectique, déchoquage, défloquer, dynamiser, ergonome, fantasmer, faxer, fidéliser, franchiser, instrumentaliser, marginalité, palettiser », entre autres. Ne serait-il pas plus urgent de créer ces rubriques que celle sur « rassoter » ?

F. D., Bordeaux (12 décembre)

 

▲ L’Académie répond ▼

La rubrique « Dire, Ne pas dire » permet aux membres de l’Académie française de faire connaître des réactions d’humeur et redécouvrir des termes oubliés. Elle n’a pas de caractère proprement lexicographique.

La plupart des mots cités par ce correspondant ne figurent pas dans la neuvième édition du Dictionnaire de l’Académie française parce qu’ils n’étaient pas inscrits dans l’usage au moment où ont paru les tomes I (1992) et II (2000).

La refonte du site, actuellement en cours, permettra, sans attendre la révision de la présente édition, de créer une rubrique où seront signalés des termes qui se sont à juste titre installés dans l’usage pour évoquer les réalités du monde contemporain.

 

***

Bonjour,

Je consulte au moins une fois par semaine le Dictionnaire de l’Académie. C’est ma référence et je vous en remercie.

Quel bonheur d’entendre Michel Serres annoncer sur France Info la création de ce site ! Drôle, utile, savoureux.

Tout simplement merci !

Un juriste d’entreprise.

Raphael H. (12 décembre)

 

***

Bravo pour votre initiative. Je commençais à me sentir un peu seul à lutter contre toutes ces dérives linguistiques et tics de langage plus ridicules les uns que les autres.

J’en arrivais à croire que j’étais parfaitement démodé et que l’enseignement de mes maîtres était devenu désuet, voire précieux.

Merci donc pour ce réconfort !

Hervé G., Viré (12 décembre)

 

***

Quel bonheur que la chronique de Michel Serres sur France Info à propos de ce qui se dit ou ne se dit pas ! Je suis tellement lasse et exaspérée d’entendre ou de lire un français mal utilisé, écorné, rabougri et pour tout dire abîmé.

F., Issy-les-Moulineaux (11 décembre)

 

***

Ce site est une excellente initiative. Il faut combattre ceux qui massacrent la langue sans faiblir, sans honte, sans répit. Le français est suffisamment riche et divers pour pouvoir tout exprimer.

N.B. Je ne suis absolument pas contre l’anglais quand son utilisation est appropriée. La langue anglaise elle-même utilise beaucoup de mots français (Bon appétit, bon voyage, en route, entrepreneur, chef, etc.). Pas d’intégrisme, mais de la fermeté !

Jean-Pierre M., Paris (11 décembre)

 

***

:) J’ai trouvé très intéressant votre nouvel article sur la langue française et ses mots. J’ai moi-même plusieurs tics de langage (personne n’est parfait :))

 

J’ai découvert votre site par le billet de France info, et j’adore le mot « florilège » (je le trouve très poétique !)

Vous n’êtes pas obligés de répondre à ce mail, je vous l’envoie juste pour vous remercier (j’ai bientôt une rédaction de français et il se peut que ça m’aide :) )

 

Zoé F. (13 décembre)

 

***

:(Vous fustigez les racines anglo-saxonnes et louez les grecques et latines, mais l’anglais a aujourd’hui la même influence sur notre langue que celle qu’exerçait sur notre langue le latin au moment de l’Empire romain... Que dire aussi de ce que vous nommez les « emplois abusifs » : ils enrichissent tout autant la langue qu’ils la trahissent : c’est aussi comme cela qu’une langue évolue, par « dérivation ». Les erreurs d’aujourd’hui sont les normes de demain...

Il y a d’un côté ce qui est « grammatical » et de l’autre ce qui est « normatif ». « Je travaille sur Paris » se comprend grammaticalement, même si la norme est de dire « à Paris »... N’est-ce pas un appauvrissement que de proscrire l’emploi de « sur » ? de ne proposer qu’une seule solution quand il pourrait y en avoir deux ?

Quentin B., Paris (30 novembre)

 

***

J’ai vingt ans et le malheur d’attacher une grande importance à la langue française.

Inlassablement, je continue à multiplier les remarques à ceux qui meurtrissent mon ouïe par des tournures fausses, une syntaxe erronée et autres prononciations fantaisistes. Ceci, en m’aidant du site internet de l’Académie, à la rubrique Questions de langue.

Je viens de découvrir ce blog qui est beaucoup plus agréable à utiliser : merci !

Alexandre de F., Paris (18 novembre)

 

***

Professeur de français en collège, j’entends chaque jour des horreurs dont je souhaite vous faire part. « Des fois » revient fréquemment dans la bouche de mes élèves et même de mes collègues, est-ce donc passé dans le langage courant ?

« À ce qu’il paraît » semble très fréquent chez les adolescents !

Enfin, dans mes classes relativement agitées (j’ai enseigné dans le 93), très souvent les jeunes me disent : « Madame y’me traite, il traite mon nom de famille... »

Aurélie V., France (29 novembre)

 

***

Je vous écris simplement pour vous féliciter et vous remercier pour ce site. Je trouve fantastique que des académiciens utilisent les possibilités d’internet pour communiquer avec tout type de personnes et partagent leur savoir.

Merci pour l’effort que vous avez fourni, je pense que vos indications sur l’usage de la langue française aideront à en faire un meilleur usage.

Myriam N., Suresnes (18 novembre 2011)

 

***

Ah, super (oups !) site, très belle présentation sobre et claire, bravo, bravo ! C’est comme si les académiciens venaient jusqu’à moi, j’en suis touchée. Je vous lis avidement pour éclairer ma lanterne d’exilée qui n’a guère que sa french radio pour se mettre au courant de ce qui se dit. J’y entends souvent des expressions qui me semblent calquées sur l’anglais, comme par exemple (je les note quand je peux) : « …On n’est pas addict à sa console… pour checker que tout va bien… vous êtes en train de squeezer ma question… »

Il me semble qu’il n’y a pas toujours de mot français équivalent.

Anne H., Lancaster (22 novembre)

 

***

Vous pourriez malheureusement ajouter à votre rubrique les innombrables incorrections des journalistes, les « Comment est-ce que ça se fait que... ?» « Pourquoi est-ce que vous avez fait ça ? » « Qu’est-ce qu’il s’est passé hier ? »... et la liste est longue.

Citons également les tics de langage : les « voilà » après chaque mot, les « juste » et « juste là » inappropriés.

Sans oublier les inévitables « pour pallier à cet inconvénient »...

Serge B., Mégrit (1er décembre)

 

***

 

En effet, le « pas de souci » se répand depuis quelques années. Je reprends systématiquement les étudiants qui entrent dans mon bureau avec un « Monsieur, j’ai un souci », et leur demande « Est-ce que cela vous angoisse, est-ce que cela vous coupe l’appétit, est-ce que cela vous empêche de dormir... ? » La réponse étant invariablement « non » puisqu’il ne s’agit que de petites questions d’emploi du temps ou d’un désir de changement de groupe de TP ou TD, je leur enseigne que dans ces conditions ce n’est pas pas un souci, juste un petit problème ou une petite difficulté à résoudre ! (…).

Je crois que je vais afficher vos textes « pas de souci » et « après que » sur la porte de mon bureau !

Patrick R-C.

Lyon, France

***

Que devons-nous penser des expressions approximatives suivantes : un constructeur automobile (un constructeur qui se meut par ses propres moyens ?) et un éleveur porcin (un éleveur à l’allure porcine ?) sont accueillis à la télévision, en plateau (réduits à l’état de crêpes ?), et, enfin, remerciés d’avoir été nos invités (quelle élégance !) ? Devons-nous accepter de subir cela à longueur d’année ?

Bernard H.

***

Oral ou écrit, le verbe « entrer » est de plus en plus souvent remplacé par « rentrer », qui signifie bien « entrer une nouvelle fois ».

Exemple trouvé dans un hebdomadaire « culturel » : « Il est rentré dans sa soixante-dixième année. » Je me suis demandé s’il s’agissait de réincarnation...

 

***

Le verbe « récupérer » me semble avoir pris en français de France une acception imméritée ; on « récupère » ses enfants à l’école, par exemple, et j’ai découvert un jour avec surprise que le distributeur d’argent m’enjoignait de « récupérer » des billets que je n’avais pourtant jamais eus, et que je lui avais encore moins confiés…

Pierre D.

 

***

Alors que dans la langue anglo-américaine l’adjectif eligible est d’un emploi généralisé (I am eligible for a green card), l’emploi de cet adjectif, selon moi, devrait se limiter en bon français au sens suivant : répondre aux conditions requises pour se présenter à une élection.

Or je constate, en regardant la télévision, en écoutant la radio, et même en consultant certains textes officiels, une généralisation, abusive à mes yeux, de l’emploi de cet adjectif : « Vous êtes désormais éligible pour bénéficier d’une HLM... Votre fils a été reconnu éligible pour obtenir une bourse d’études, etc. »

Jean-Claude F.

Rocquencourt, France

 

***

J’ai 59 ans, je suis secrétaire et, autour de moi, je constate que la langue française est constamment piétinée par de “ jeunes cadres dynamiques ” qui, à grand renfort de “ sur, au niveau de, effectivement, pas de souci ” et autre “ impact ” avaient fini par me faire croire que notre langue avait évolué, et que mon vocabulaire simple - mais clair - était d’un autre âge… Je découvre votre site aujourd’hui avec grand plaisir, et j’y reviendrai régulièrement.

 

***

Je suis sur les Ponts-de-Cé, et après que je vous aie écrit, au moins j’me dirai pas de souci au niveau de mon vocabulaire. Sûrement ce best-of des fautes de français qu’il va impacter ma manière de causer. Quelque part, je gère mes soucis. Tout à fait, comme vous m’direz pas, je ferais mieux de rester coi. Un passionné de letters.

 

***

Sans être un puriste, je suis, comme beaucoup, continuellement agacé, j’aurais même tendance à dire “agressé”, par ce charabia qui, de plus en plus, sert de moyen d’expression à un nombre croissant de personnes.

 

***

Je trouve l'idée de votre rubrique “Dire, ne pas dire” très bonne. Elle peut être un argument de poids face à des collègues, souvent de mauvaise foi, quand on leur fait remarquer les dérives de leur langage. Ceci est d'autant plus choquant que je travaille dans une université de sciences humaines et que beaucoup de mes collègues sont des enseignants. 

 

***

Je ne peux que vous féliciter pour cette initiative... La langue française est de plus en plus “martyrisée”, surtout par les anglicismes qui deviennent insupportables...

 

***

Je crois que seule l’Académie française peut, sans timidité, essayer de battre énergiquement tambour en France pour limiter les effets dévastateurs de ces problèmes sur notre langue. Et je n’ose même pas aborder ici la question de l’anglais rampant qui s’insinue partout grâce à toutes les nouvelles technologies...

 

***